L'UPM: Espace de coopération ou instrument de domination?

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L'UPM: Espace de coopération ou instrument de domination?

Message  Charlestone le Sam 12 Juil - 22:55

Demain, le 13 juillet, se réuniront au Grand Palais parisien les 27 chefs d’Etats de l’Union européenne (UE) et ceux des autres 16 pays qui formeront ensemble la future Union pour la Méditerranée (UPM), dont le lieu et la date de naissance sont très symboliques. L’anniversaire de cette nouvelle organisation régionale se fêtera simultanément avec la commémoration de la prise de la Bastille (14 Juillet). C’est un signe fort sur le rôle central de la France au sein de l’UPM qu’a voulu donner Nicolas Sarkozy, géniteur de ce projet qui a été depuis sa conception quelque peu altéré afin de répondre aux exigences des partenaires européens de la France.
Le projet initial « Union méditerranéenne » visait la création d’un espace comprenant les 22 pays riverains de la Mare nostrum (bassin méditerranéen): au nord, l’Espagne, la France, Monaco, l’Italie, la Slovénie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, l’Albanie, la Grèce, la Turquie, Malte et Chypre, et au sud le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Libye, l’Égypte, Israël, la Palestine, le Liban, et la Syrie, plus 3 pays ayant des liens privilégiés avec la Méditerranée : le Portugal, la Jordanie et Mauritanie. La Suisse, que certains géographes considèrent comme un pays méditerranéen, car source de l’un des affluents de cette mer, le Rhône, n’a pas été associée au projet UPM.
Plusieurs pays de l’UE, notamment l’Allemagne, se sont opposés au projet dans sa forme initiale de peur qu’il n’affecte la construction de l’Union Européenne. Après de longs échanges, une nouvelle formulation du projet a vu le jour. L’UE sera fortement impliquée dans le processus décisionnel de ce qui ne sera plus une « Union méditerranéenne » mais une « Union pour la Méditerranée ». La nuance est de taille ; elle résume en quelques lettres la force des liens qui unissent les membres de l’UE et leur souci de préserver leurs intérêts stratégiques.
En face de cette unité robuste, les pays du Sud offrent un spectacle désolant et pathétique de dislocation, de divergences, de querelles, comme l’ont montré les quelques rencontres tenues au sud pour discuter du projet UPM. A défaut d’une réflexion et de discussions de fond sur les aspects stratégiques de la question, certains dirigeants se sont livrés à des luttes de positionnement pour une nomination comme premier « co-président du sud » de l’UPM, titre accordé vraisemblablement à Housni Moubarak à cause, a-t-on dit, de la forte démographie de son pays et de ses relations de « bon voisinage » avec Israël, qui aura le privilège de siéger avec le premier « co-président du nord » : Nicolas Sarkozy.
Les promoteurs de l’UPM affirment qu’il s’agit d’un espace d’échange et de coopération pour renforcer les relations nord-sud et aider au développement de la rive sud de la Méditerranée, au moyen de projets concrets, à l’impact réel sur les populations. Mais pour les détracteurs, l'argumentation est tout autre....
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