Si Mohand u M’hend: un poète, une œuvre, une société

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Si Mohand u M’hend: un poète, une œuvre, une société

Message  setamir le Mar 5 Aoû - 0:40

Si Mohand u M’hend: un poète, une œuvre, une société

Né au courant de l’année 1845, à Icheraïouène, l’un des villages composant l’agglomération de Tizi Rached, Si Mohand u M’hend a connu l’exil dès sa tendre enfance.
En 1857, le général Randon, chargé de réduire le Djurdjura à sa juste expression, fait exproprier les habitants et raser le village du poète afin de bâtir sur son emplacement Fort Napoléon, qui deviendra plus tard Fort National, aujourd’hui Larbaâ Nath Irathen. Après l’insurrection kabyle de 1871, à laquelle les Ath Hamadouche prennent part activement, ses parents, qui étaient représentants de la Rahmania pour les Ath Irathen, sont, à l’instar de tous les autres insurgés, durement réprimés. Cheikh Arezki, son oncle, est déporté en Nouvelle Calédonie, Saïd, le frère de Arezki, s’enfuit en Tunisie, le père de Mohand, Ameziane, est exécuté à Fort National. Le futur poète a failli y passer lui aussi. Il ne doit la vie sauve qu’à l’intervention d’un officier de l’armée française qui avait jugé sa mort “inutile”. Tous les biens des Ath Hamadouche seront séquestrés. Ils se sont alors dispersés en se réfugiant dans d’autres hameaux limitrophes.
La mère du poète, Fatima n’Ath Saïd, se retire à Icheraïouène, avec Meziane, le plus jeune de ses enfants. Akli, son frère aîné, se rend en Tunisie avec l’essentiel de ce qui restait de la fortune paternelle qu’il emporta avec lui. Resté seul, Si Mohand va désormais commencer une vie d’errance. De Kabylie à Tunis via Alger, la misère de ses concitoyens kabyles exilés a réveillé en son âme l’inspiration de rimer des vers. Le barde ne chantait pas l’exploit des héros mythiques mais le mal-être des Algériens des débuts des “bienfaits” de la colonisation et la nostalgie d’une époque perdue à tout jamais. Sa poésie spontanée, limpide et puissante a enchanté des générations entières.
Certains de ses vers ont été “érigés” en proverbes tellement ils étaient, et sont encore, significatifs. Si Mohand u M’hend est le poète kabyle de la tradition orale le plus célèbre et le plus documenté. Atteint d’un mal incurable et empirant de jour en jour (un abcès au nombril, selon Dermenghem, une gangrène au pied, dit le poète), Si Mohand rendra l’âme le 28 décembre 1905. Il est enterré à Asqif n’Tmana, près de Aïn El Hammam, selon la parole prophétique du cheikh. De nombreux ouvrages ont été consacrés à sa vie et à son œuvre, lui qui a souffert de la méchanceté et de l’incompréhension des hommes.
Comme l’écrivait Mouloud Feraoun dans Les poèmes de Si Mohand, le poète découvre avec effroi qu’il n’est lui-même qu’une illusion et qu’il n’y a de vrai que le Créateur.
À ce sujet, Si Mohand u M’hend disait : “Ô Dieu, aie pitié de moi/Je suis celui à qui tu as ôté la vie/Et qui n’attend plus rien de ce monde…/Mon Dieu, tu es le roc éternel/Et moi l’invisible poussière/Que le vent en a arrachée…”

A. TAHRAOUI
____________________

Le maître de la poésie kabyle, si Mohend Ou M’hend ne cesse de susciter l’attention des poètes et chercheurs, même un siècle après sa mort. Le premier ayant mis en public ces poèmes de ce troubadour, fut Si Aman Boulifa, avant même la mort de celui-ci, suivi par Mouloud Feraoun. Depuis, d’autres ont eux aussi, contribué avec les poèmes inédits du poète errant.

Le dernier en date est Larab Mohand Ou Ramdhane qui vient juste de publier un ouvrage intitulé “Isefra n Si Muhend u M’hend (Les poèmes de Si Mohand) tout court. Cet ouvrage de 100 pages a été préface par le regretté Aït Amrane Mohand ou Yidir ex-président du HCA.

Ce livre est réparti en six chapitres selon les thèmes de poèmes. Il s’agit de “Tilufa n ddunit” (Les problèmes de la vie) ; “Tilufa n tayri” (Les problèmes de l’amour) ; “Ti luffa n yemdu kal” (Mauvaise amitié) ; “Zzyara n lawaliya” (Visites de lieux saints) ; “Attan” (Maladie) et “Zzigh legnan” (Mon jardin).

Ayant poussé ses recherches plus loin, l’auteur a pris le soin de décliner la source des poèmes de Si Mohand dont il cite les initiales dans la table des matières (à la fin du livre). Il n’est certes pas chose aisée de s’assurer de la paternité de Si Mohand des poèmes que beaucoup présentent comme étant les siens, comme le reconnaît d’ailleurs le préfacier. A cet effet, il est indispensable de se pencher sur le sujet pour s’y spécialiser et par là-même mettre fin au doute qui plane sur les poèmes de Si Mohand, pour les sauver du plagiat ou encore de la fausse paternité.

Ce livre a été édité par la jeune maison d’édition “Le Savoir” qui avance sans cesse. L’auteur comme il est écrit dans la quatrième couverture est de la lignée de Si Mohand — Et cette publication n’est pas la première, puisqu’il a eu déjà à publier en 1997 à Rabat (au Maroc) la première version du livre avec le même titre : “U Lhusion” et “lexique scolaire français-tamazigh-arabe-anglais” et un “lexique économique français arabe-tamazight”. Et sans doute le passage de tamazight de l’oralité à l’écrit a beaucoup besoin de la production pour que les chercheurs, les étudiants et les curieux trouveront quoi mettre sous les yeux.

Salem Amrane
Source : La dépêche de Kabylie
__________________________

En voici 02 poèmes (ou Isefra en kabyle) pour commencer:

Ceci est mon poème; ……………..…................................ Thikelta ad hhedjigh asfrou
Plaise à Dieu qu'il soit beau ..………............................... Oua lahh addlhhou
Et se répande partout. ………….… .................................Addinaddi ddeg louddiath

Qui l'entendra l'écrira, ………………................................. Oui thislan ar dha thiarou
Ne le lâchera plus ………………….................................... Our as iverou
Et le sage m'approuvera : …………................................ Oui ilan ddelfahhem izrath :

Que Dieu leur inspire pitié; ……………….......................... An helel Rebbi athet ihheddou
Lui seul peut nous en préserver : ………………................. Ghoures ai neddaou
Qu'elles nous oublient, nous n'avons plus rien ! ……………. Add vaddent addrim nekfath


____________________________

Ce siècle fait fuir
Qui a enrichi les chiens
Vous êtes brisés, ô nobles cœurs

Je dois aux méchants mes cheveux blancs
Ma raison m’a abandonné,
Je suis " le fils dépravé "

Il faut donc me résigner
Puisque le lâche se fait craindre :
Tant pis, ô mon âme, tant pis.

Si cette âme qui est la mienne
pouvait prendre une forme humaine
Pour elle j’entrerais au bagne.

Insensible à mes remords
Elle m’a plongé dans la débauche
Elle m’abandonne dans la misère.

Dans l’indifférence, traîne toi par terre !
M’en souviendrais-je au moins ?
J’accepte qu’on m’abreuve d’injures.

______________________
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Il est toujours intéressant

Message  araucaria le Mar 5 Aoû - 9:07

de découvrir des poètes ou écrivains d'une autre culture.
Merci Sétamir pour cet article, et les deux premiers poèmes. J'espère que d'autres suivront.
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Re: Si Mohand u M’hend: un poète, une œuvre, une société

Message  renal le Mar 5 Aoû - 12:53

Merci setamir, en effet ces poèmes sont très beaux, le premier me plait beaucoup. On attend la suite.
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Re: Si Mohand u M’hend: un poète, une œuvre, une société

Message  renal le Mar 5 Aoû - 13:03

Tu m'as donné envie de chercher des poémes de ton pays, j'ai trouvé celui-ci, je ne sais pas si tu connais

Terre je t'écoute

Je t'écoute tisser des clairs-obscurs sur mes nuits.
Je t'écoute veiller le soleil agoniser à l'Est
Je t'écoute sécher le sel sur le front des mers
Je t'écoute réveiller des pommes innocentes
Je t'écoute greffer la jeunesse du citronnier

Je t'écoute respirer entre les doigts et l'orange
Je t'écoute battements de cils rouge-gorge des bois
Je t'écoute verser la rosée sur la plante médicinale
Je t'écoute pluie sur la mer collier de la baie
Je t'écoute nuage rire ailes colorées
Je t'écoute marche secrète des hommes droits
Je t'écoute clairière de la recherche libre
Je t'écoute vivre au rythme de mes aspirations
Je t'écoute chanter le chant de l'an deux mille
Bachir HADJ ALI, Ibid. p. 35
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Re: Si Mohand u M’hend: un poète, une œuvre, une société

Message  renal le Mar 5 Aoû - 13:05

Anna GREKI

J'habite une ville si candide
Qu'on l'appelle Alger la Blanche
Ses maisons chaulées sont suspendues
En cascade en pain de sucre
En coquilles d'oeufs brisés
En lait de lumière solaire
En éblouissante lessive passée au bleu
En plein milieu
De tout le bleu
D'une pomme bleue
Je tourne sur moi-même
Et je bats ce sucre bleu du ciel
Et je bats cette neige bleue du ciel
Bâtis sur des îles battues qui furent mille
Ville audacieuse Ville démarrée
Ville au large rapide à l'aventure
On l'appelle El Djezaïr
Comme un navire
De la compagnie Charles le Borgne.
In. Algérie, Capitale Alger. Editions S.N.E.D. Tunis1963
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Re: Si Mohand u M’hend: un poète, une œuvre, une société

Message  renal le Mar 5 Aoû - 13:09

Setamir les deux poèmes que je viens de mettre je les ais trouvé sur ce cite : http://www.oasisfle.com/culture_oasisfle/poesie_algerienne.htm
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Re: Si Mohand u M’hend: un poète, une œuvre, une société

Message  setamir le Mar 5 Aoû - 14:38

Promis !
Voici deux articles parus dans deux journaux algériens au sujet de ce poète.

Le Jeune Indépendant 4 avril 2006

La poésie de l’errance

A Si Muhend anwi-k id yerran, a twalid zman, ma k-ghiden widen yettrun. L’hommage d’un géant de la chanson kabyle à un célèbre poète ayant la même langue d’expression était le vœu du regretté Slimane Azem, qui avait compris que Si Muhend U M’hend avait encore un rôle à jouer et qu’il avait encore beaucoup à dire si la mort ne l’avait emporté.

En cette année 2006, le centenaire de la disparition du poète de l’errance a été célébré dans différentes régions du pays. C’est ainsi qu’un colloque ayant pour thème «Un poète, une œuvre, une société» a été organisé à la maison de la Culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou, dimanche et lundi derniers.

L’association Si Muhend U M’hend, qui travaille à ce point depuis près d’une année, a finalement réussi à le réaliser. Tous les participants se sont accordés à dire que l’immense héritage du poète ne pouvait être résumé en deux jours de débats et d’échanges.

Si Muhend a découvert sa passion et laissé exprimer son génie après les incursions coloniales de 1857 qui avaient totalement déchiré sa famille, celle des Aït Hamadouche. Son village natal, Icharïouene, dans le aârch de Tizi Rached, a été complètement rasé par les occupants et son père exécuté.

Sa mère s’était alors réfugiée dans un autre village avec son frère cadet, tandis que son grand frère quittait le pays en famille pour s’installer en Tunisie. A l’âge de douze ans, Muhend se retrouvait seul, dans un monde dominé par la loi du plus fort et où l’Algérie subissait les affres de la colonisation française.

Livré à lui-même et n’ayant personne à ses côtés, Si Muhend commence son voyage d’errant. Il lance ses sentences un peu partout et récite des poèmes en chaque circonstance. Il ne répétait jamais ce qu’il avait déjà exprimé. C’est pour cette raison qu’il avait eu des problèmes avec chikh Muhend U L’hocine qui lui avait demandé un poème déjà récité à l’occasion de leur première rencontre.

Comme le poète s’était refusé à accéder à cette demande, chikh Muhend s’était mis en colère et lui avait «jeté un sort» : celui de mourir errant et d’être enterré à Aseqif N t’mana, un cimetière réservé aux étrangers, dans la région d’Icharïouène.

Durant toute son «errance» sans répit, Si Muhend a traversé plusieurs villes d’Algérie, de Tunisie, avant qu’une maladie suivie d’une hospitalisation à l’hôpital des sœurs blanches d’Aïn El-Hammam ne l’emportât. Il a rendu l’âme le 28 décembre 1905.

L’errant sans abri et sans destination laisse une poésie qui témoigne d’une époque, d’une histoire, mais aussi d’un peuple. Si Muhend avait crié sa misère, les souffrances de son peuple, son destin malheureux, son aventure. Ses malheurs ne l’ont pas empêché d’écrire des poésies sur l’amour, la femme et l’espoir.

Les conférenciers ayant participé au colloque ont basé leurs interventions sur les éléments de la personnalité de Si Muhend u M’hend, sur son art, miroir de son peuple, et sur la langue qu’il utilisait, sans crainte ni peur. Huit communications sur l’œuvre du poète ont été données par des chercheurs et des hommes de lettres.

Ainsi, Bali Madjid avec «Si Muhend, l’intemporel», Youcef Merahi avec «Laissez Si Muhend à son mythe», Saïd Chemmakh à travers le thème «Tamurt dans la poésie de Si Muhend et Muhend», Akli Salhi avec «Si Muhend et la poésie kabyle d’aujourd’hui…» A noter également la communication de Ghobrini Mohammed ayant pour thème «Si Muh u M’hend/ Chikh Muhend : dialogue des géants» et celle de Rachid Mokhtari «Les isfras de Si Muhend dans le répertoire de la chanson kabyle de l’exil».

Le colloque a été agrémenté de ventes dédicaces de certains ouvrages, comme ceux de Rachid Mokhtari, de Youcef Merahi, de Mohammed Ghobrini ou de Boualem Rabia. Des montages poétiques ainsi que la projection du film Si Muhend U M’hend, l’insoumis ont également été du programme.

Les travaux du colloque ont été clôturés dans l’après-midi d’hier, après d’ultimes débats.
T. Drifa
__________________

L'Expression 1er avril 2006

Si Muhend U’Mhend revient cette semaine

Le poète est entré dans la légende de son vivant avec, gravée dans la mémoire, sa rencontre avec Ccix Muhend U Lhocine.

Si Muhend U’Mhend, ce barde de la Kabylie dont le nom est passé à la postérité, revient cette semaine avec le colloque organisé sous l’égide du ministère de la Culture, en collaboration avec la Maison de la culture Mouloud-Mammeri et l’association culturelle Si Muhend U Mhend, et ce, les 2 et 3 avril prochain.

L’ouverture de l’exposition se fera aujourd’hui et la cérémonie d’ouverture demain. Suivront ensuite, et le même jour, une communication avec Madjid Bali sous le thème «Si Muhend l’intemporel», M.Youcef Merahi interviendra, lui, avec une communication sous le thème : «Laissons Si Muhend à son mythe», puis le Dr Chemakh interviendra avec une conférence sous le thème «Tamurt dans la poésie de Si Muhend».

Le lendemain 3 avril, plusieurs communications sont prévues telles «Si Muhend U Mhend et Ccix Muhend: dialogue de géants», «Les Isefra de Si Muhend dans le répertoire de la chanson kabyle de l’exil», et enfin, une projection du film: Si Muhend U Mhend, l’insoumis!»

Rappelons que le barde kabyle est né à Icheraiouene, un village de l’agglomération de Tizi Rached en 1845, fils de Muhand Ameziane N’ath Hamadouche et de Fatma Ath Saïd. Il serait décédé en 1905 des suites d’une gangrène au pied alors que d’autres parlent d’un abcès au nombril. Le poète disait toujours qu’il «était atteint d’un mal incurable».

Il est enterré au cimetière d’Aïn El Hammam à Asquif N’temana. Si Muhend U Mhend a quitté la Kabylie après le rouleau compresseur des armées d’occupation avec le maréchal Randon vers 1857.

L’armée d’occupation fit raser Icheraiouene et bâtit sur son emplacement le Fort Napoléon devenu, plus tard, le Fort National et enfin, Larbaâ Nath Irathen. Après cet événement, les parents de Si Muhend s’installent à Sidi Khelifa, un petit hameau près d’Ighil Gherfi dans les environs de Larbaâ Nath Irathen.

Les parents de Si Muhend devaient d’ailleurs venir avant cela de Aguemoune, un autre village de Larbaâ Nath Irathen pour fuir une vendetta avant de s’installer à Icheraiouene. Les Aït Hamadouche prirent une part active lors du soulèvement de 1871. Ces derniers étant les représentants de la confrérie de la Rahmania pour les Ath Irathen. Aussi, et à l’instar de tous les autres insurgés, ils furent impitoyablement réprimés. Cheikh Arezki, l’oncle de Si Muhend est déporté en Nouvelle-Calédonie, Saïd, l’autre oncle, s’enfuit en Tunisie, Mohand Ameziane, le père, est exécuté à Fort National et Si Muhend lui-même ne dut la vie sauve qu’à l’intervention d’un officier français qui a jugé «sa mort inutile».

Les biens des Aït Hamadouche furent placés sous séquestre et la famille se dispersa en trouvant refuge dans les autres villages. La mère de Si Muhend, Fatma N’ath Saïd, se retire à Icheraiouene avec Meziane le plus jeune des enfants, Akli, son aîné se rend en Tunisie où il fonde un foyer et acquiert un petit magasin et une fermette. Si Muhend, définitivement «libéré» des contingences, parcourut la région entre la Kabylie et la Tunisie en chantant ses poèmes et en vivant d’expédients. Si Muhend chantait le quotidien et aussi la nostalgie des temps anciens. Spontanée, simple, limpide mais très puissante, sa poésie a enchanté des générations.

Le poète est d’ailleurs entré dans la légende de son vivant avec, gravée dans la mémoire, sa rencontre avec Ccix Muhend U Lhocine. Une vie d’errance et de privations le mena à l’hôpital des Soeurs Blanches de Michelet (Aïn El Hammam) où il mourut le 28 décembre 1905.

Aujourd’hui encore, ses poèmes transmis de bouche à oreille et transcrits aussi bien par Feraoun que par Mammeri pour les modernes, sont encore égrenés par les jeunes et moins jeunes.

A. SAÏD
_________________________

Isefra (poèmes)
[Transcription de Younès Adli]

1- Résistance

Les règles sont désormais perverties,
C'est ainsi établi
Les vils ont pris le dessus.

Ddenya fmedden tfusel
Di lefhem yetnesel
Zwamel bedlen tikli


Tous les hommes bien nés
Ont pris la forêt
Bravant les affres de l'adversité

Krabbw'illan d lasel
Di lghaba yehmel
âaryan talab'ur telli


Dieu a ainsi destiné ce siècle
Qui nous enserre dans l'inquiétude
Jusqu'à trébucher à chaque pas.

Lqern akk'i t id yersel
Deg-wnezgum nehsel
Mi nger asurif neghli.



2- Conseils :

Toi l'intelligent,
Ne sois jamais
De la compagnie de l'homme hautain

A lfahem a k-nxebber
Albâad ma meqwer
Ur ttili deg tayfa-s


Si tu lui fais appel
Il ira crier sur tous les toits
Et te méprisera à outrance

Ma tqesd-t ur k-itesser
Ad yezg a k-ihqer
Hsut iâeda tilas


Alors, sois humble
Eloigne-toi de lui
Apprends à oublier même le paradis lorsqu'il te rejette

Ma tellid d uhdiq wexer
Xir baâed meqar
Igenet ma tugi-k anef-as
.


3-La femme :

Mon cœur pensif
S'étonne des réalités
Et jure de ne plus s'égayer

Ata wul-iw yetpensi
Yegul ur yedsi
Yetewhim i lehqayeq


Me voilà forcé de partir
Sans le sou
Sans revoir ma bien-aimée

Rhil ad ruhegh forsi
Adrim ixusi
Abrid ar taâzizt yeghleq


Elle se priva de dîner
Elle éclata en sanglots
A s'étouffer.

Wellah ma tecc imensi
Ala imeti
Imi nsel ala tnehheq.



4-Vieillesse (Tewser)

Cœur sur qui séjournent les brumes
Me voici tout anxieux
Maigri parmi les chagrins
J’ai soif de vous. Je veux avec vous rester
Mon cœur saigne
A Dieu je veux tout confier
Le pèlerinage de l’adieu
Qui veut méditer Dieu
Regarde le pauvre Mohand-ou-M’hand
Dont est dévoyée la raison
Il avait étudié le Koran l’avait psalmodié
Il était jadis vigoureux
Et le voila qui ne peut plus que lever les paupières.
Mon mal sans remède
M’a livré à l’exil
Assiste-moi Dieu de Ta Miséricorde
Mais Dieu n’est-ce pas accorde la délivrance
Ici-bas ou dans l’Au-delà
Car tout a été fixé de tout temps


Ay ul yef izga uyemyim
Aqlj deg ttexmim
Ay daafey yilifen
Nem cedha neb’ anneqqim
U yeççur d idim
Annehk’ iwi y d ixelqen
Zzyara bbwen safed
W’ tbyan Rabb’a t iwehhed
Di Muhend-u-M’hend
Meskin iâawj rray is
Iyra leqwran ijewwed di zik is
Yeghed
Turo la-ireffed s wallen is.
L mehna w ur tesâi tt bib
Teggyi d ayrib
Atained alleh nestagfer
Yak Rebbi Yedmen tifrat
Di Lmut di Lhayat
Kulci yura deg ssaheg



5-A la recherche du bonheur

1. Nul ne peut sonder les coeurs,
De l'amour connaître le degré
Car chacun a son tourment.

L'un aime avec plénitude
Son sort est enviable
Il ne quitte pas sa bien aimée

Pour l'autre, il ya la souffrance
Il aspire à l'impossible
Dieu seul connaît son mal



2. Voici que mon coeur se gonfle
De larmes il déborde
Pour ce qu'il a enduré

Ma confession fait frémir la montagne
Et chaque fois ravive ma plaie
Car l'amour est ma passion

Victime d'un sort maudit
N'yant guère de chance
Pourrais-je goûter un jour
?
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Re: Si Mohand u M’hend: un poète, une œuvre, une société

Message  setamir le Mar 5 Aoû - 23:30

renal a écrit:Tu m'as donné envie de chercher des poémes de ton pays, j'ai trouvé celui-ci, je ne sais pas si tu connais
Terre je t'écoute
Bachir HADJ ALI, Ibid. p. 35

Bachir HADJ ALI est une personnalité connu en Algérie. Il était membre du parti communiste algérien (PCA). Il intègre la révolution algérienne en 1956. A l'indépendance, en 1962, son parti est interdit.Il entre dans la clandestinité. Arrête à l'époque de la "pensée et parti unique unique", il subit les affres de la prison (torture). Il écrit "l'Arbitraire"où il décrit les tortures dont il garde de graves séquelles.Il fonde en 1966 le PAGS ( parti de l'avant garde socialiste).Il est aussi poète et essayiste. Il meurt en 1991.
Pour plus de détails se référer à wikipédia: http://fr.wikipedia.org/wiki/Bachir_Hadj_Ali
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MES RESPECTS A CE GRAND MONSIEUR

Message  MohamedVI le Mar 5 Aoû - 23:38

DE LA POESIE BERBERE
A FAIRE CONNAITRE PLUS DANS CE PAYS OU LA MEDIOCRITE EST MAITRESSE.UN PAYS OU IL N' A PAS DE THEATRE NI DE SALLES DE CINEMA.
MAIS C'EST VRAI NUL N'EST PROPHETE DANS SON PAYS

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Re: Si Mohand u M’hend: un poète, une œuvre, une société

Message  renal le Mar 5 Aoû - 23:58

Setamir a écrit :
Bachir HADJ ALI est une personnalité connu en Algérie. Il était membre du parti communiste algérien (PCA). Il intègre la révolution algérienne en 1956. A l'indépendance, en 1962, son parti est interdit.Il entre dans la clandestinité. Arrête à l'époque de la "pensée et parti unique unique", il subit les affres de la prison (torture). Il écrit "l'Arbitraire"où il décrit les tortures dont il garde de graves séquelles.Il fonde en 1966 le PAGS ( parti de l'avant garde socialiste).Il est aussi poète et essayiste. Il meurt en 1991.
Pour plus de détails se référer à wikipédia: http://fr.wikipedia.org/wiki/Bachir_Hadj_Ali

Merci pour les infos Very Happy
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Si Mohand u M’hend: ...suite des Isfra (poésies)

Message  setamir le Jeu 7 Aoû - 23:00

La femme :

Pour rester digne, ô mon cœur,
Tu as besoin de patience
En ce premier jour de l'Aïd.

Dieu visite tous ses autels
Où sont réunies les belles
Celles qui ont appris à l'adorer.

Mais, nous qui sommes tourmentés,
Nous nous enivrons d' absinthe,
Tous deux mon âme et moi.


A ioul iou ifnak eçver
Ma tsilidd ddel her
Asa tsa souiqth laïdd

Koul lemqam Rebbi ihdder
S thoulas iamer
Thiddac ighran ddi tsouhidd

Noukni aqlagh net hiier
Selabsant nesker
Nek dderaï iou louahidd.

_________

Elle est morte loin de moi:
La mort choisit ses victimes
Et Dieu pousse à la révolte.

Ô terre, ne profane pas
Sa beauté incomparable,
Ô anges, pardonnez lui.

Fille de sang généreux,
Elle n'a pas dédaigné le pauvre:
Qu'elle soit préservée de l'Enfer?


Themouth thazizth our nemzir
El mouth athetsekhthir
Rebbi ithedou ddegg enouqma

A iakkal ourtsets gheillir
Mlaioun nettir
Thafoumthas a el moulouka

Dda zaouali our thehqir
Ddiellis nel khir
Merhoumath si Djahnama

_______

Vois mon cœur oppressé!
En lui même il éclate
Chaque fois que je pense à elle.

Ô suprême créateur
Nous implorons ta justice,
Sois un soutien pour nous

Délivre-nous des tourments;
De toi seul, nous attendons
Que se produise le miracle
.


Atha ouliou itkheiaq
Gher ddakhel ifelaq
Thichki ar nesmecthi

Aï agglidd el khalaq
Thefrouddaqh selhaq
Addagh thilidd ddamaani.

Gherk a Rebbi ai nekhraq
Selcagh naouaq
Iac ghourak ishhel koul echi.
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Re: Si Mohand u M’hend: un poète, une œuvre, une société

Message  setamir le Jeu 14 Aoû - 0:01

Si Mohand u M’hend: ...suite des Isfra (poésies)


L'INSATISFACTION:
A LA RECHERCHE DU BONHEUR


Nul ne peut sonder les cœurs,
De l'amour connaitre le degré,
Car chacun a son tourment.

L'un aime avec plénitude,
Son sort est enviable,
Il ne quitte pas sa bien-aimée.

Pour l'autre, il y a la souffrance,
Il aspire à l'impossible,
Dieu seul connait son mal.


Zghen lachek imkhalaf
Ifraq ddeleçnaf
Kouloua ddaken itmehen

Avadd izzehhou selaktaf
Azzahhris ioulaf
Iqim netsa ddouazizen

Avadd meskin hhath inhaf
Ddaïn ivgha ourthitsaf
Slahhlacis dderebbi agalmane

________________

Voici que mon cœur se gonfla,
De larmes il déborde
Pour ce qu'il a enduré.

Ma confession fait frémir la montagne
Et chaque foi ravive ma plaie,
Car l'amour est ma passion

Victime d'un sort maudit
N'ayant guère de chance,
Pourrais-je goûter un jour?


Atha oulioun ighermed
Simetti ihemled
Ghefaën iadan felas.
Mihkigh i ouddrar inhhed
Ouliou indefed
Achqagh ddegg ezhhou ntoulas.
Ddeg ikhfiouaka egjerred
Ddezhhar oulahed
Menagh aouizehhan ibouas
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Re: Si Mohand u M’hend: un poète, une œuvre, une société

Message  setamir le Dim 7 Déc - 22:01

L'INSATISFACTION:
A LA RECHERCHE DU BONHEUR
(suite)

______________________

J’avais un jardin dans la plaine :
Une débauche de roses,
De pêches et de grenades.

Sa clôture était parfaite,
Il était protégé et inviolable ;
Je la choyais comme un faucon.

Je n’eus qu’une branche stérile
Qui ne donna rien ;
Elle me remplaça par un homme vil.

____________________

J’ai voulu un beau jardin
Avec toutes les fleurs de mon âme
Et tous les arbres dignes d’envie :

Des treilles au raisin vermeil,
Des pêches pareilles à l’ambre…
Le basilic et la rose s’y mêlent.

Hélas ! J’ai vécu trop longtemps
Et, en ma présence,
Il est livré au troupeau.

___________________

J’avais un jardin incomparable
Aux pousses drues et vigoureuses :
Que Dieu protège ses richesses !

Un mur le fermait et l’abritait,
Une porte en condamnait l’entrée
Dont le gardien ne dormait pas.

Maintenant qu’un torrent y fut dirigé
L’éboulement a tout emporté ;
Il n'en reste aucune trace.
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Re: Si Mohand u M’hend: un poète, une œuvre, une société

Message  setamir le Ven 16 Jan - 16:19

L'INSATISFACTION:
A LA RECHERCHE DU BONHEUR
(suite)


A mes détracteurs je ne pardonnerai pas :
Ma blessure se cache au cœur,
C’est pourquoi je m’étourdis.
L’amour m’a tordu les ailes :
Je ne suis pas un égaré,
Seul l’inconscient repousse le bien.
J’ai voulu suivre un rude sentier
Où l’on ne rencontre que les peines :
A quoi servirait le repentir ?

____________


L’AMITIE BAFOUÉE


Mon cœur tout troublé
Par le kif et l’alcool
N’a suivi que ses penchants.
Accueillez le vagabond
-O gens sensés et nobles -
Etranger dans son pays !
Dans l’exil et dans l’oubli
J’ai ignoré mes devoirs :
C’est maintenant que mon cœur saigne.

_____________


Voici que mon cœur soupire
Il jure –et ne faillira pas-
De fuir à jamais Ichraïouen (*).
Quand j’étais dans mon bel âge,
J’étais accueilli partout,
Tous recherchaient mes avis.
Maintenant, brisé par la vie,
Pliant sous les peines,
Je ne sais plus être heureux.


(*) Village où le poète a vécu son enfance
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Re: Si Mohand u M’hend: un poète, une œuvre, une société

Message  renal le Ven 16 Jan - 17:32

sétamir a écrit :
A mes détracteurs je ne pardonnerai pas :
Ma blessure se cache au cœur,
C’est pourquoi je m’étourdis.
L’amour m’a tordu les ailes :
Je ne suis pas un égaré,
Seul l’inconscient repousse le bien.
J’ai voulu suivre un rude sentier
Où l’on ne rencontre que les peines :
A quoi servirait le repentir ?

Cette partie me plaît beaucoup. Pourtant le pardon parfois aide à guerrir. Merci
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Re: Si Mohand u M’hend: un poète, une œuvre, une société

Message  rosinette le Sam 17 Jan - 14:07

merci setamir pour nous faire connaître ce merveilleux poète! comme le dit si bien Nicole, c'est toujours très enrichissant d'avoir la possibilité de lire des écrits de diverses cultures!
j'aime beaucoup Merci!
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Re: Si Mohand u M’hend: un poète, une œuvre, une société

Message  setamir le Sam 17 Jan - 14:19

L’AMITIE BAFOUÉE (suite)

Ils se réjouissent de mon absence
Et de mon silence:
Ils croient que je suis mort.

O saints d'ici à la Mecque,
Permettriez-vous cela?
Dissipez pour moi les brumes:

Tandis que les vautours sont au pouvoir,
Le faucon est exilé,
Le reniement détruit l'amitié.

____________

O toi qui cherches l'épreuve,
L'amitié t'a-t-elle trahi
Pour fréquenter n'importe qui?

Pieds nu, j'ai pénétré la forêt,
Je me suis exilé pour eux
Et quel pays n'ai-je pas atteint?

J'ai moissonné et mis en meule,
Il n'y avait plus rien à faire,
J'ai dépiqué: c'était pour les autres.

_____________

J'ai juré que de Tizi Ouzou
Jusqu'à Akfadou (*)
Nul ne me fera subir sa loi.

Nous nous briserons mais sans plier:
Plutôt être maudit
Quand les chefs sont des maquereaux.

L'exil est inscrit au front:
Je préfère quitter le pays
Que d'être humilié parmi ces pourceaux
.


(*) Limite orientale de la grande Kabylie
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Re: Si Mohand u M’hend: un poète, une œuvre, une société

Message  setamir le Lun 19 Jan - 15:21

L’AMITIE BAFOUÉE (suite)

Si ma raison n'était pas égarée,
J'aurais condamné la Kif
Dont profitent les gens indignes.

Il est source d'inégalité,
Il a enrichi l'esclave,
Le sage est resté en arrière.

O mon dieu, quelle injustice!
La toléreras-tu encore?
N'est-ce pas bientôt le tour des pauvres?


__________________

Il a fait vœu de sainteté
Et il plonge dans le péché
Son chapelet toujours au cou

N'attends de lui ni charité ni clémence;
Mais sa perte est proche
La colère de Dieu est sur lui.

Toi qui démasque l'hypocrite,
Pourquoi t'invoqueront-nous?
Le jour du méchant arrivera.
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Re: Si Mohand u M’hend: un poète, une œuvre, une société

Message  setamir le Mer 6 Mai - 23:02

(...Suite)
Si cette âme qui est la mienne
Pouvait prendre une forme humaine
Pour elle j’entrerais au bagne.

Insensible à mes remords
Elle m’a plongé dans la débauche
Et m’abandonne dans la misère.

Dans l’indifférence, traîne-toi par terre !
M’en souviendrai-je au moins ?
J’accepte qu’on m’abreuve d’injures.
--------------------

Je romps avec les renégats
Qui ont plusieurs religions
Et aucune dignité.

Pour le mal ils se jalousent
Et le bien les rend timides
O mon cœur, ne t’emporte plus.

Il se détourne du malheureux ;
Ce sont tous des traitres ;
Il est bon de les connaître.
-------------------

MALADIE ET RESIGNATION

O généreux et miséricordieux
Sois loué, ô tout puissant !
Père de toutes les créatures.

Ta nourriture ne s’achète pas.
Toi seul donnes à chacun
Ce que les hommes ne peuvent vendre.

Le sage ignore les calculs
Il n’a ni dettes, ni souci
Pourquoi te craindrais-je, ô faim ?
-------------------------

O dieu c’est toi qui donne
Qui fait vivre ou mourir
Et assigne à chacun une partie.

L’un a reçu les richesses,
De tout côté il prospère,
La perdrix égaie son toit.

L’autre est livré à l’aventure,
A la misère et à l’amour :
C’est l’Absent, c’est l’Insensé
.
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Re: Si Mohand u M’hend: un poète, une œuvre, une société

Message  rosinette le Jeu 7 Mai - 13:58

ce sont là de très beaux poèmes sétamir, très profond, qui parlent de bonheur et d'espoir, même si on n'est pas croyant, on ne peut être insensible a tant de foi et a tant de bonté!
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