La bête humaine !

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La bête humaine !

Message  Charlestone le Lun 30 Juin - 22:04

Bardamus, journaliste et écrivain passait dans la vie comme une ombre. Quand il croisait des gens dans la rue, il a peur. Il ne voyait aucun intérêt, de s’allumer dans le regard de ces gens. C’est tout juste s’il ne voulait pas voler pour éviter les regards. Quand il montait dans le bus, il poussait certains jours l’audace jusqu’à coller son nez contre la glace derrière le conducteur du bus, et jamais le conducteur n’est venu lui dire pourquoi il faisait cela. Il se faisait « disparaître » en restant vivant. Et la vie n’avait pour lui guère de saveur.
En descendant du bus, et sur le chemin de son journal, place de la Nation, il rase les murs et entre dans le bâtiment discrètement comme un voleur.
Au bureau, on l’avait mis dans une pièce humide baptisée « les archives ». Bardamus était là, sur sa petite chaise, et tenait méticuleusement en ordre des piles de dossiers auxquels ces collègues utilisaient le cas échéant. De temps en temps, son directeur de publication, faisait une apparition dans son bureau, juste pour parler de la vie que les hommes et les femmes mènent au quotidien pour rester en vie. Les deux hommes ne se parlaient que chaque fois qu’un des leurs soit assassiné de la bête humaine. Ils étaient, avec d’autres intellectuels, la cible la plus retentissante de ces diables.
Lorsque le jour devenait sombre, que les ombres des immeubles en face venaient voiler le peu de lumière qui restait, Bardamus s’enfonçait presque confortablement dans la grisaille des récits. Il frissonnait, et continuait son fastidieux travail de classement des informations. Quand enfin sonnait l’heure de partir, il ramassait son cartable, son manteau, et sortait du bureau sans bruit, jamais certain de le retrouver le lendemain.
Bardamus aimait bien marcher, mais la situation ne le permettait plus. Il ne traînait plus le pas comme il le faisait dans le temps le long des belles ruelles mais raser les murs ; souvent plus attentifs aux bruits des gens qu’ils croisaient. Il voulait vivre en étant toujours libre dans son pays.
Enfin, presque. Il s’accrochait beaucoup à cette croyance qui depuis longtemps a perdu tout parfum. Il se plaisait à croire que rien ne lui ferait du mal et qu’il est connu dans le quartier, ni tentait a sa personne, lui qui travail dans un journal.
Et, il se demande pourquoi restait-il dans cette boite, lui qui n’a plu édité un seul article depuis qu’a apparu la bête immonde…….
Et pourtant, à certains moments, quand il s’endormait le soir après avoir réglé sa montre, il se surprenait à rêver de la mort de ces meilleurs ami(e).
Mais Bardamus avait plus vite fait de se réfugier dans ses rêves que d’oser parler à quiconque.
Le Chauffeur du bus se demandait ce jour la ou est passé la personne qui restait toujours derrière lui. Il ne la pas vu depuis deux jours.
Le journal du jour annonçait la mort d’un journaliste dans la presse local de la ville, tué avec trois de ces collègues dans une explosion d’une bombe déposée en bas de son immeuble...
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