Les Blacks, les Beurs et Obama

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Les Blacks, les Beurs et Obama

Message  setamir le Sam 15 Nov - 18:35

Le Quotidien d'Oran du 15/11/2008
par Akram Belkaïd

L'actualité Autrement Vue :
Les Blacks, les Beurs et Obama


Revenons sur les élections américaines, et passons vite sur les flagorneries de plusieurs ministres et députés de droite, qui se sont évertués, imminence d'un remaniement du gouvernement oblige, à trouver des similitudes entre l'élection de Barack Obama et celle de Nicolas Sarkozy... Il y avait aussi quelque chose d'insupportable à entendre d'autres représentants de la classe politique, toutes tendances confondues, célébrer avec enthousiasme la victoire d'un Noir américain et être immédiatement sur la défensive quand leur était posée l'inévitable question : « Est-ce que cela pourrait arriver en France ? ». Pourtant, comme l'a clairement indiqué le New York Times, « l'élection d'Obama pose un défi majeur à la France », car elle invite à se demander si, un jour, un Beur ou un Black pourrait s'installer à l'Elysée (que l'on m'excuse pour l'emploi des mots « Beur » et « Black » mais il s'agit de raccourcis sémantiques bien commodes). Autant le dire tout de suite, personne ne croit à une telle perspective. Il règne en effet, de l'UMP au Parti socialiste, un tel paternalisme, une telle bêtise idéologique, une telle somme de clichés et de préventions vis-à-vis des minorités visibles, qu'il est vain d'espérer l'émergence d'un Obama à la française. Mais pour être honnête, il faut tout de même saluer la publication d'un « manifeste pour l'égalité réelle », signé par plusieurs personnalités politiques même si on est en droit de se demander si ce n'est pas un simple opportunisme qui les a poussées à s'associer à cette démarche initiée par l'industriel Yazid Sebag.

A l'image de ce dernier, d'autres hommes et femmes issus des minorités visibles ont bien compris qu'il ne fallait pas rater l'occasion. Depuis l'élection d'Obama, les cercles d'influence qui militent pour plus de diversité dans les représentations politiques multiplient les communiqués et les initiatives, pour occuper le terrain et enclencher un rapport de force qui obligera les grands partis à être plus volontaires et moins hypocrites sur cette question. Il serait d'ailleurs intéressant de savoir ce que pensent les signataires du texte de Sebag à propos des déclarations du député Patrick Ollier pour qui, jusqu'à présent en France, les « candidats de couleur n'ont pas été élus parce qu'ils n'avaient pas le niveau ». Restons zen... Même s'il n'est pas dit que le cas Obama puisse être transposé en France, les ingrédients de sa victoire méritent tout de même d'être étudiés. Il est certain que la classe politique va tenter d'importer ses méthodes de mobilisation des militants et sympathisants via internet : des méthodes innovantes qui ont considérablement amélioré le système mis en place par le démocrate Howard Dean pour les primaires de 2004 et qui, contrairement à ce qu'ont raconté quelques brosses à reluire hexagonales, ne doivent absolument rien aux campagnes de Sarkozy et de Royal de 2007. Quant aux aspirants candidats, Beurs ou Blacks, l'essentiel pour eux sera, à mon avis, d'examiner comment Obama a réussi à convaincre une grande majorité de Blancs américains de voter pour lui. A ce sujet, ce qui revient le plus dans les diverses analyses publiées au lendemain de sa victoire, c'est le fait que le Sénateur de l'Illinois a toujours veillé à ne jamais hausser le ton, évitant d'apparaître comme un Noir en colère. Et, à croire ses biographes, c'est une approche qui a toujours été la sienne, y compris lorsqu'il s'est fait élire à la tête de la revue juridique de Harvard. Ne pas dresser le poing, ne pas céder le pas au discours récriminateur aussi fondé soit-il, ne pas faire de la culpabilité des Blancs un argument de campagne : voilà quelques-uns des principes de l'approche d'Obama. Mieux, ce dernier a même toujours intégré les arguments de ses adversaires dans ses discours. Non pas pour les fustiger mais le plus souvent pour démontrer qu'il les comprenait, qu'il se mettait à la place de ceux qui les développaient ce qui, à terme, lui a apporté des voix. Ce fut le cas, par exemple, pour la question de la discrimination positive dont il a été le bénéficiaire puis le défenseur. Appliquer la méthode Obama en France signifie donc l'abandon du discours revendicatif au nom d'une minorité et l'intériorisation de toute colère aussi légitime soit-elle. Un tour de force qu'Obama n'a peut-être pu réaliser que parce qu'il est né d'un père kenyan, et non d'un Afro-américain portant en lui le traumatisme de l'esclavage et du racisme. Une douleur que chaque génération noire américaine transmet d'une manière ou d'une autre à la suivante. Le second élément de la stratégie d'Obama a résidé dans sa capacité à porter le fer au sein de sa propre communauté sans aucun ménagement. C'est ce qu'il a fait quand il a critiqué les Afro-américains qui abandonnent leurs familles. Un phénomène que de nombreux sociologues américains mettent en relation avec la délinquance juvénile des Noirs et leur surreprésentation dans les prisons. Cette manière de faire, décriée par les leaders communautaires traditionnels, a certainement séduit de nombreux électeurs blancs.

On objectera, à raison, que de nombreuses personnalités politiques, membres des minorités visibles en France, ont déjà compris que pour rassurer monsieur Dupont, il leur fallait être sans concession avec les leurs. Il suffit d'entendre les discours des Amara, Dati, et compagnie sur les banlieues pour s'en convaincre. Mais il y a une différence de taille. Et c'est le troisième élément de la stratégie d'Obama. Malgré son refus d'endosser le costume du Noir à la fois en colère contre le système et indulgent avec les siens, il a toujours réussi à ne jamais s'aliéner le vote des Noirs et à garder sa crédibilité auprès d'eux. Son passé de travailleur social dans la banlieue de Chicago, mais aussi le fait d'avoir épousé une descendante d'esclave, lui ont permis de faire taire ceux qui le traitaient de renégat. Mais il y a plus que cela : en insistant sur les inégalités sociales, en attaquant le bilan économique de Bush, où les revenus des plus riches et des actionnaires ont explosé tandis que les salaires refluaient, Obama a réussi à convaincre les minorités aux Etats-Unis qu'il était finalement leur meilleur défenseur. Non pas au nom de la race, mais de la classe. Et cela ramène à ce qui devrait fonder toute lutte politique en France : la mobilisation au nom d'abord d'une plus grande justice sociale.
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Re: Les Blacks, les Beurs et Obama

Message  rosinette le Sam 15 Nov - 22:31

pour moi, l'important est de savoir
1) s'il sera capable d'assumer le poste.
2) s'il respectera ses promesses
3)s'il respectera tous les Américains , de quelque origine iols soient.
4) qu'il puisse s'entourer de gens qui le soutiendront dans sa tâche,et qui feront tout pour aller vers un BIEN?

il me semble que cela est bien plus important que la couleur de sa peau!
ainsi pour tout autre différence, les hommes sont capables ou NON ,qu'ils soient ROUGE ,BLANCS,VERTS ou NOIRS!, JAUNE etc......................
maintenant, je pense qu'en France, SARKO n'est tout de même pas un pure français?............et il a été élu président!
alors ........continuons dans cette direction, pour que demain, notre monde ne soit plus qu'UN!
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