1954-1962, l’Algérie en flammes: La clef du succès de la révolution Algérienne (2ème partie)

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1954-1962, l’Algérie en flammes: La clef du succès de la révolution Algérienne (2ème partie)

Message  setamir le Ven 4 Juil - 23:17

La clef du succès de la révolution Algérienne


Le déclenchement de la guerre de Libération nationale, le 1er Novembre 1954, fut l’aboutissement d’une série de contradictions engendrées par la situation coloniale.


Par Mahfoud Bennoune (El Watan)

2ème partie

I- les raisons du déclenchement
« Peuple algérien, militants de la cause nationale, à vous qui êtes appelés à nous juger (le premier d’une façon générale, les seconds tout particulièrement), notre souci... est de vous éclairer sur les raisons profondes qui nous ont poussés à agir... Notre but demeure l’indépendance nationale. Nous considérons qu’après des décades de lutte le Mouvement national a atteint sa phase finale de réalisation. En effet, le but d’un mouvement révolutionnaire étant de créer toutes les conditions d’une action libératrice, nous estimons que, sous ses aspects internes, le peuple est uni derrière le mot d’ordre d’indépendance et d’action et sous les aspects extérieurs, le climat de détente est favorable... Les évènements du Maroc et de la Tunisie sont à ce sujet significatifs et marquent profondément le processus de la lutte de libération de l’Afrique du Nord. A noter dans ce domaine que nous avons, depuis fort longtemps, été les précurseurs de l’unité dans l’action, malheureusement jamais réalisée entre les trois pays. Aujourd’hui, les uns et les autres sont engagés résolument dans cette voie, et nous, relégués à l’arrière, nous subissons le sort de ceux qui sont dépassés. C’est que notre mouvement national, terrassé par des années d’immobilisme et de routine, pensable de l’opinion populaire, dépassé par les évènements, se désagrège progressivement à la grande satisfaction du colonialisme qui croit avoir remporté la plus grande victoire de sa lutte contre l’avant-garde algérienne. L’heure est grave ! Devant cette situation qui risque de devenir irréparable, une équipe de jeunes responsables et militants conscients, ralliant autour d’elle la majorité des éléments encore sains et décidés, a jugé le moment venu de sortir le mouvement national de l’impasse où l’ont acculé des luttes de personnes et d’influences pour le lancer... dans la véritable lutte révolutionnaire. Nous tenons, à cet effet, à préciser que nous sommes indépendants de deux clans (4) qui se disputent le pouvoir. Plaçant l’intérêt national au-dessus de toutes les considérations mesquines et erronées de personnes et de prestige, conformément aux principes révolutionnaires, notre action est dirigée uniquement contre le colonialisme, seul ennemi et aveugle, qui s’est toujours refusé à accorder la moindre liberté par des moyens de lutte pacifique ».
II- grandes lignes de notre programme politique
Pour réaliser les objectifs que ses fondateurs lui ont assignés, le FLN-ALN offre la possibilité à tous les patriotes algériens de toutes les couches sociales, de tous les partis et mouvements purement algériens de s’intégrer dans la lutte de libération sans aucune autre considération et sur la base de ce programme politique ayant pour but l’indépendance nationale par : 1- La restauration de l’Etat algérien souverain démocratique et social dans le cadre des principes islamiques. 2- Le respect de toutes les libertés fondamentales sans distinction de race et de confession. Objectifs intérieurs :
Assainissement politique par la remise du mouvement national révolutionnaire dans sa véritable voie et par l’anéantissement de tous les vestiges de corruption et de réformisme, causes de notre régression actuelle ;
Rassemblement et organisation de toutes les énergies saines du peuple algérien pour la liquidation du système colonial.
Objectifs extérieurs : internationalisation du problème algérien ; réalisation de l’unité nord-africaine dans son cadre naturel arabo-musulman. Moyens de lutte :
Conformément aux principes révolutionnaires et compte tenu des situations intérieures et extérieures, la continuation de la lutte par tous les moyens jusqu’à la réalisation de notre but. « Pour parvenir à ces fins, le FLN aura deux tâches essentielles à mener de front et simultanément une action intérieure tant sur le plan politique que sur le plan de l’action directe et une action extérieure en vue de faire du problème algérien une réalité pour le monde entier avec l’appui de tous nos alliés naturels. C’est là une tâche écrasante qui nécessite la mobilisation de toutes les énergies et toutes les ressources nationales. Il est vrai, la lutte sera longue, mais l’issue est certaine ».
Conditions du cessez-le-feu
En dernier lieu... pour prouver notre désir réel de paix, limiter les pertes en vies humaines et les effusions de sang, nous avançons une plate-forme honorable de discussions aux autorités française si ces dernières sont animées de bonne foi et reconnaissent une fois pour toutes aux peuples qu’elles subjuguent le droit de disposer d’eux mêmes. 1- La reconnaissance de la nationalité algérienne par une déclaration officielle abrogeant les édits, décrets et lois faisant de l’Algérie une terre française en déni de l’histoire, de la géographie, de la langue, de la religion et des mœurs du peuple algérien. 2- L’ouverture des négociations avec les porte-parole autorisés du peuple algérien sur les bases de la reconnaissance de la souveraineté algérienne, unie et indivisible. 3- La création d’un climat de confiance par la libération de tous les détenus politiques, la levée de toutes les mesures d’exception et l’arrêt de toute poursuite contre les forces combattantes. En contrepartie : 1- Les intérêts français, culturels et économiques, honnêtement acquis, seront respectés ainsi que les personnes et les familles. 2- Tous les Français désirant rester en Algérie auront le choix entre la nationalité d’origine et seront de ce fait considérés comme étrangers vis-à-vis des lois en vigueur ou opteront pour la nationalité algérienne et, dans ce cas, seront considérés comme tels en droit et en devoirs. 3- Les liens entre le France et l’Algérie seront définis et feront l’objet d’un accord entre les deux puissances sur la base de l’égalité et du respect de chacun. « Algérie ! Nous t’invitons à méditer notre charte ci-dessus. Ton devoir est de t’y associer pour sauver notre pays et lui rendre sa liberté » Le recrutement des combattants a été affecté par deux facteurs : le temps et le manque quasi absolu des armes. En dehors des Aurès et de la Kabylie où les militants détenaient quelques armes, les responsables des autres zones n’ont pu, en l’espace d’à peine trois mois, se procurer assez d’armes pour mobiliser les militants nationalistes. Face à une armée coloniale régulière de 56 500 soldats (en plus de la police et des civils armés), les fondateurs du FLN-ALN n’ont pu recruter qu’un effectif de combattants en armes estimé à environ 960, répartis à travers le territoire national comme suit : 350 dans les Aurès - Nememchas, 50 dans le Nord constantinois, 450 en Kabylie, 50 dans l’Algérois et 60 en Oranie. A l’exception de la zone I, partout ailleurs l’armement a été d’une très mauvaise qualité (5). Quel que soit le nombre exact des combattants armés, l’ALN attaqua le 1er Novembre 1954 plusieurs objectifs militaires et civils stratégiques ennemis à la même heure et à travers l’Algérie. Le déclenchement de la lutte armée et la diffusion de la proclamation esquissée ci-dessus provoquèrent des réactions et prises de position diverses aussi bien en Algérie qu’en France.
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