1954-1962, l’Algérie en flammes: La clef du succès de la révolution Algérienne (4ème partie)

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1954-1962, l’Algérie en flammes: La clef du succès de la révolution Algérienne (4ème partie)

Message  setamir le Ven 4 Juil - 23:37

La clef du succès de la révolution Algérienne


Le déclenchement de la guerre de Libération nationale, le 1er Novembre 1954, fut l’aboutissement d’une série de contradictions engendrées par la situation coloniale.


Par Mahfoud Bennoune (El Watan)

4ème partie

Les structures horizontales
Le comité des six, constitué par la réunion du 22 juin 1954, a divisé le pays en six zones politico-militaires avant le déclenchement de la Révolution. Ce comité n’a fait que reproduire l’organigramme de l’OS. Toute liberté d’action fut accordée au commandement de chaque zone jusqu’au congrès de la Soummam, tenu le 20 août 1956. La plate-forme de ce congrès a perfectionné les structures révolutionnaires de l’Algérie en guerre. Les six zones ont été transformées en six wilayas. Chaque wilaya a été subdivisée politico-militairement en trois ou quatre mintaqa (zones). Chaque zone en trois ou quatre nahiya (régions). Chaque nahiya secteur comprend plusieurs douars (districts ruraux) et chaque district est composé de plusieurs dachras ou mechtas (villages). La capitale du pays a été érigée en Zone autonome d’Alger, subdivisée en trois secteurs : le secteur I couvre le centre, le secteur II le sud, le secteur III l’ouest. Chaque secteur a été subdivisé en quartiers et chaque quartier en îlots urbains, champs d’action du groupe composé de 31 membres (à savoir quatre cellules de sept membres chacune, c’est-à-dire six militants dirigés par un chef de cellule), deux responsables dirigent chacun un demi-groupe (englobant deux cellules) et sont tous deux soumis à l’autorité d’un chef de groupe. Etant donné la présence d’environ 400 000 ouvriers émigrés en France même, la métropole des colons a été subdivisée - en fonction des axes de leur forte concentration - en six wilayas, découpées en superzones - chacune en plusieurs zones et chaque zone en un nombre variable de régions. Toutes ces subdivisions spatiales étaient coiffées au sommet par la fameuse Fédération de France du FLN, dirigée par un comité de cinq à six membres. Chacun était responsable d’une branche d’activité (organisation, propagande, trésorerie, affaires sociales, groupes de choc - ou organisation spéciale). A chaque échelon de la hiérarchie (zone, région), la direction est assumée par un comité. La Fédération de France du FLN s’étend aussi sur la Belgique, la Suisse et l’Allemagne de l’Ouest. Elle encadre les activités politiques de toutes les colonies des travailleurs et des étudiants algériens en Europe. Les réfugiés algériens en Tunisie et au Maroc, dont le nombre s’élève à environ trois à quatre cents mille personnes, seront encadrés dans deux fédérations distinctes du FLN, organisées de la même manière que celle de France. A partir des années 1957-1958, les dirigeants de la guerre de Libération ont établi des bases importantes de logistique de l’ALN dans les deux pays maghrébins voisins. Le départ des membres du comité de coordination et d’exécution (CCE), qui ont survécu à la soi-disant Bataille d’Alger du général Massu en 1957, à l’étranger, a stimulé le développement de l’appareil politico-diplomatique et militaro-administratif, sous la direction d’abord du CCE élargi et ensuite du GPRA (11). Les unités de l’ALN des frontières algéro-tunisiennes et algéro-marocaines, bloquées en dehors du pays par la construction des lignes Morice et Challe, sont réparties en deux commandements : le com-Est et le com-Ouest. Chacun est subdivisé en zones. Les deux PC ont été maintenus après la création de l’état-major général (EMG) de l’ALN de l’extérieur en 1960. Dès le début, au lieu d’accomplir sa mission d’acheminer hommes, armements et munitions aux wilayas de l’intérieur en franchissant les lignes de fortification, mission qui lui a été confiée par le CNRA (12) durant sa session extraordinaire de décembre 1959 janvier 1960, l’EMG, dirigé par le colonel Boumediène, préféra s’efforcer de se soustraire à l’autorité du GPRA en vue de préparer son ascension au pouvoir une fois l’indépendance acquise. Cela transforma rapidement les officiers et cadres de cette ALN externe en putschistes potentiels préoccupés principalement par le développement et la consolidation non seulement de leurs influences politiques au sein des structures verticales (particulièrement au sommet de la hiérarchie), mais aussi par la préparation des conditions nécessaires qui leur permettront d’occuper, le moment venu, le devant de la scène politique algérienne. Le but de l’EMG était de discréditer l’autorité du GPRA en affaiblissant politiquement ses membres influents tels que Krim, Boussouf et Bentobal. Leurs activités putschistes ont été poursuivies, au détriment de leurs activités proprement militaires. Selon les chefs des wilayas de l’intérieur, « les responsables de l’EMG, de l’ALN, de l’extérieur ont failli à leur mission d’acheminer les armes et autres moyens nécessaires à l’ALN des wilayas qui a supporté tout le poids et les coups de l’armée d’occupation, particulièrement durant les opérations Challe ! »
Les structures verticales de la révolution
Le succès du FLN et de l’ALN s’explique par leur capacité politique d’ériger une contre-structure-étatique clandestine : « Réalisation dans la pratique quotidienne à tous les échelons de l’appareil révolutionnaire, du sommet à la base, non seulement la négation de l’appareil oppressif colonial mais aussi la réduction progressive de son emprise sur la population algérienne. » (13) Le CNRA était l’instance législative suprême de la Révolution algérienne. Il définissait la politique générale à suivre et contrôlait aussi son exécution par le pouvoir exécutif représenté par le GPRA. C’était le seul organisme habilité à prendre des décisions concernant l’avenir du pays et à ratifier tout accord d’Evian... Le CNRA tel que les parlement de l’Algérie en guerre. Ses débats houleux et libres ressemblait, à bien des égards, à ceux de l’Assemblée nationale française durant la IVe République. Néanmoins, pendant ses longues intersessions, il accordait au pouvoir exécutif une large latitude d’action. Le pouvoir exécutif, représenté d’abord par le comité des six, issu de la réunion des 22, ensuite par le CCE créé parle congrès de la Soummam et, finalement, par le GPRA, assume le pouvoir exécutif de l’Etat algérien jusqu’à la libération du territoire national et l’établissement des institutions définitives. Il est investi à la fois d’un pouvoir de légation active et particulièrement de la conduite de la guerre de Libération nationale, à laquelle il doit accorder la priorité absolue. En outre, le GPRA gérait les intérêts de la nation algérienne. Pour obtenir une plus grande efficacité dans la conduite de la guerre, le GPRA a créé un comité interministériel de guerre (CIG) composé de trois membres appartenant au groupe fondateur du FLN et de l’ALN : Krim, Bentobal et Boussouf. Ce comité supervise toutes les activités proprement militaires. L’EMG dépendait directement du CIG. Mais, les divergences entre les membres de ces deux organismes, provoquées par la résurgence des contradictions secondaires, ont abouti finalement au premier coup d’Etat de l’Algérie indépendante, effectué par l’EMG en alliance avec Ben Bella et Khider, respectivement vice-président et ministre du GPRA en captivité et les anciens partisans des Oulamas et de l’UDMA et de nombreux éléments opportunistes contre le gouvernement provisoire présidé par Ben Khedda, une fois l’indépendance acquise, en 1962. La course au pouvoir déclenchée par cette coalition formée par des forces politiques - comprenant même les descendants des familles collaboratrices aussi bien que des anciens militants du PCA - provoqua une crise grave au sein du FLN et de l’ALN. Elle a été rendue possible par l’ouverture de la direction politique durant le congrès de la Soummam aux dirigeants des anciens courants réformistes (UDMA, Oulamas). Cependant, ce congrès a homogénéisé les structures opérationnelles et hiérarchiques du FLN. Désormais, chaque échelon de la hiérarchie organisationnelle - wilaya, mintaqa, nahiya et kism - est commandé par un responsable politico-militaire assisté par trois ou quatre adjoints chargés respectivement des tâches, militaires, politiques - renseignements et liaisons - et logistiques... Ainsi, la responsabilité est confiée à un conseil selon le principe de collégialité du FLN, ALN de guerre. Les forces combattantes étaient composées par les moudjahidine et les moussebiline. Les moudjahidine portaient des uniformes et des armes militaires. Elles constituaient à la fois une armée de partisans par sa méthode stratégique et tactique de lutte (la guérilla) et une armée régulière par ses structures, son commandement, son uniforme, sa discipline, ses couleurs, le port ouvert des armes, ses grades et insignes correspondants. L’ALN était répartie en différentes unités : faïleq (bataillon), katika (compagnie), firqa (section) et faoudj (groupe). Les moussebiline étaient des partisans en civil, armés de fusils de chasse à cause du manque d’armement militaire. Ils étaient chargés de saboter et d’appuyer durant les attaques et les embuscades montées par l’ALN et surtout de renseigner ses unités sur les mouvements des troupes ennemies, de leur servir de guides, de messagers, de vigiles, etc. Ben M’hidi a évalué leur rôle en ces termes : « Ces hommes sans uniformes sont pour le FLN et l’ALN ce que sont les yeux, les oreilles et les membres pour un être vivant. » Les moussebiline maintenaient les liens étroits et surtout réalisaient et alimentaient l’osmose entre l’ALN et le peuple. Les populations rurales étaient organisées au niveau des douars par des assemblées populaires (ou djemaâs). Chacune était dirigé par un conseil de cinq membres (dont un président) militants du FLN. Ils étaient désignés par l’état-major du secteur. Chaque membre était chargé d’une ou plusieurs tâches spécifiques, ravitaillement, perception des cotisations, justice, recrutement, service de sécurité, logistique et renseignement. La nécessité révolutionnaire et stratégique a exigé des dirigeants de la guerre de Libération nationale de rendre la présence et l’emprise politique et organisationnelle du FLN et de l’ALN parmi toutes les classes, couches et catégories sociales de la société algérienne omniprésentes. .....suite

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