1954-1962, l’Algérie en flammes: La clef du succès de la révolution Algérienne (4ème partie et suite)

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1954-1962, l’Algérie en flammes: La clef du succès de la révolution Algérienne (4ème partie et suite)

Message  setamir le Ven 4 Juil - 23:54

La clef du succès de la révolution Algérienne


Le déclenchement de la guerre de Libération nationale, le 1er Novembre 1954, fut l’aboutissement d’une série de contradictions engendrées par la situation coloniale.


Par Mahfoud Bennoune (El Watan)

4ème partie et suite

Les structures verticales de la révolution ...(suite)
La plate-forme de la Soummam est explicite à ce sujet : « Il s’agit d’être présent partout. Il faut savoir allier l’action clandestine et l’action légale. Il faut organiser, sous des formes multiples, souvent complexes, toutes les branches de l’activité humaine. » (13) Cet objectif poussa immédiatement le FLN à organiser les travailleurs salariés au sein de l’UGTA (14), fondée durant son congrès constitutif, tenu à Alger du 24 au 26 février 1956. Elle succède à la commission ouvrière établie en 1951 à l’intérieur du PPA-MTLD. Dès le début, l’UGTA se considéra comme une confédération dirigée par une commission exécutive de 21 membres élus en congrès. Cette commission élit à son tour un bureau exécutif de 12 membres et un secrétariat de 5 membres. En l’espace d’une année, l’UGTA a contrecarré l’influence de ses deux rivales, l’UGSA (15) et l’USTA (16). Elle incorpora la majorité écrasante des travailleurs algériens. Après trois grèves organisées le 5 juillet, le 15 août et le 1er novembre 1956, l’UGTA annonça publiquement, à la veille de la grève des 8 jours - du 28 janvier au 4 février 1957 -, que son but essentiel visait à « plébisciter le FLN, unique porte-parole de l’ALN et guide aimé, éprouvé et lucide de la Révolution algérienne bientôt, triomphante ».(17). Cette grève politique insurrectionnelle éprouva durement ses rangs et accula ses cadres et adhérents à la clandestinité et ses dirigeants principaux à l’exil. Son secrétaire général. Aïssat Idir, qui fut l’un de ses fondateurs et membre du CCE, a été torturé à mort. En dépit de ce revers, l’UGTA joua un rôle déterminant sur le plan interne, et surtout externe, en sensibilisant et mobilisant l’opinion publique internationale, à travers les syndicats ouvriers, contre la guerre menée par la France en Algérie. Afin de mobiliser les marchands et commerçants nationaux, le FLN créa en septembre 1956 l’UGCA. (18) Son objectif essentiel était à la fois politique - obtenir l’adhésion de cette couche sociale - et financier - inciter ces catégories sociales à payer des cotisations en vue de financer l’effort de guerre de Libération. A l’instar de l’UGTA (19), l’UGCA y organisa aussi l’AGCA (20) sous l’égide de la Fédération de France du FLN. Elles fournirent de précieuses contributions au trésor de guerre du FLN. Dès le déclenchement de la Révolution, les anciens membres de la section universitaire des étudiants affiliés au MTLD réussirent, avec l’appui du FLN, à fonder l’UGEMA à l’issue du congrès constitutif tenu à Paris du 8 au 14 juillet 1955. A la base, les sections locales de l’UGEMA étaient organisées autour des centres universitaires de leurs membres, en tenant compte de leurs implantations territoriales non seulement en Algérie mais à travers le monde. Sa direction nationale était constituée par un comité directeur de 17 à 21 membres élus par le congrès annuel. Ce comité lui-même choisit en son sein un comité exécutif formé de cinq à neuf membres. Le but essentiel de l’UGEMA était de fournir un soutien direct au FLN et à l’ALN en recrutant parmi les étudiants des militants du FLN et des combattants de l’ALN, et un appui politique en mobilisant les mouvements et associations estudiantines à travers le monde. L’UGEMA a contribué d’une façon décisive à la libération du pays. Elle a fourni à l’ALN des officiers valeureux tels que Allaoua Benbatouche, tombé au champ d’honneur, d’innombrables commissaires politiques, militants, diplomates, habiles du GPRA... Des centaines d’étudiants ont connu la torture et les géôles coloniales. Partant du principe d’organiser tout le monde et partout, le FLN-ALN a mis en place des structures adaptées aux camps de regroupement, d’internement et aux prisons afin d’encadrer les populations regroupées, les militants et combattants internés et emprisonnés. Ainsi, même cet univers concentrationnaire, établi par l’Etat colonial pour empêcher les patriotes de faire leur devoir, a été organisé afin de permettre à tous ces prisonniers de continuer la résistance sous d’autres formes : grèves de la faim pour les droits des prisonniers politiques, protestations et dénonciations des conditions inhumaines, etc. Un ancien prisonnier a écrit : « Du tréfonds où nous en sommes, la voix paraît sans écho ; mais nous hurlons comme des tigres encagés protestant leur captivité immonde. »
Notes (1)- M. Harbi. - Le FLN : mirage et réalité. Les Editions J. A., Paris (2e édition), 1985, p. 124. (2)- Lakhdar Bentobal ; Conférence aux cadres du FLN de Tunis, 5 février 1960. (3)- M. Boudiaf ; La Préparation du 1er Novembre, in El Jarida, Organe du PRS, n°15, novembre - décembre 1974. (5)- Harbi : le FLN. - Op. cit., p. 127 (6)- Cités par Harbi, in 1954 : La guerre commence en Algérie ; Editions Complexes, Bruxelles, 1984, pp., 17, 26-27 (7)- Le nom du général Maurice Challe, chef d’état-major de l’armée française. (Cool- Selon A. Horne, l’armée française a dépensé de 1954 à 1962 en Algérie un montant total estimé entre 50 et 55 milliards de nouveaux francs (A Savage War of Peace : Algeria 1954-1962, MacMillan, Londres, 1977, p. 539) (9)- La zone de Souk Ahras était aussi absente du congrès. (10)- Au lendemain du 1er Novembre 1954, le journal de l’AOA, El Baçaïr, exprima des réserves vis-à-vis des opérations menées par le FLN et l’ALN. Puis, les 17 et 18 janvier 1955, le congrès des Oulamas réuni à Tlemcen demanda à Tewfik El Madani : « Dites-nous si les méfaits de la France ne sont pas préférables à la bestialité de la lutte. Nous préférons, quant à nous, aux meurtres l’avenir et l’éducation de nos enfants » : El Baçaïr, n°298-1954 - cité par A. Nadir, le Réformisme algérien : son rôle dans la formation de l’idéologie nationale - Doctorat de 3e cycle, Paris Sorbonne, 1968). (11)- Gouvernement provisoire de la République algérienne, créé par le CCE le 9 septembre 1958. (12)- Le Conseil national de la Révolution algérienne, créé lors du Congrès de Soummam le 20 août 1956. (13)- (13’) Voir S. Chikh ; L’Algérie en arme (sur tout le chapitre II), Economic, Paris 1981, p. 242. (14)- Union générale des travailleurs algériens (15)- Union générale des syndicats algériens (16)- Union syndicale des travailleurs algériens (17) L’Ouvrier algérien du 26 janvier 1957 (18)- Union générale des commerçants algériens (19)- Amicale générale des travailleurs algériens (20)- Amicale générale des commerçants algériens

Tension au début de la guerre au sein du pouvoir français

Pierre Mendès France, président du Conseil, Assemblée nationale, 12 novembre 1954 : « L’Algérie, ce n’est pas la Tunisie »
« Vous pouvez être certains, en tout cas, qu’il n’y aura, de la part du gouvernement, ni hésitation, ni atermoiements, ni demi-mesures ; il n’y aura aucun ménagement contre la sédition, aucun compromis avec elle ; chacun, ici et là-bas, doit le savoir. Cela doit être clair une fois pour toutes et pour toujours, aussi bien en Algérie et dans la métropole qu’à l’étranger. Jamais la France, aucun gouvernement, aucun Parlement français, quelles qu’en soient d’ailleurs les tendances particulières, ne cédera sur ce point fondamental. Mesdames, Messieurs, plusieurs députés ont fait des rapprochements entre la politique française en Algérie et en Tunisie. J’affirme qu’aucun rapport n’est plus erroné, qu’aucune comparaison n’est plus fausse ni plus dangereuse. Ici, c’est la France ; là, c’est un pays étranger étroitement associé au nôtre... »

François Mitterrand, ministre de l’Intérieur, Assemblée nationale, 12 novembre 1954 : « L’Algérie, c’est la France »
« L’Algérie, c’est la France, parce qu’il se trouve que les départements de l’Algérie sont des départements de la République française. Des Flandres jusqu’au Congo, s’il y a quelques différences dans l’application de nos lois, partout la loi s’impose, et cette loi est la loi française, c’est elle que vous votez parce qu’il n’y a qu’un seul Parlement et qu’une seule nation dans les territoires d’outre-mer comme dans les départements d’Algérie, comme dans la métropole. Telle est notre règle, non seulement parce que la Constitution nous l’impose, mais parce que cela est conforme à nos volontés... Tous ceux qui essaieront, d’une manière ou d’une autre, de créer le désordre et qui tendront à la sécession seront frappés par tous les moyens mis à notre disposition par la loi. Nous frapperons également tous ceux qui contribueront, même indirectement... L’Algérie, c’est la France.
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