Fables de La Fontaine

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Fables de La Fontaine

Message  Admin le Ven 6 Juin - 15:06

L'Homme et son image

Un homme qui s'aimait sans avoir de rivaux
Passait dans son esprit pour le plus beau du monde.
Il accusait toujours les miroirs d'être faux,
Vivant plus que content dans son erreur profonde.
Afin de le guérir, le sort officieux
Présentait partout à ses yeux
Les Conseillers muets dont se servent nos Dames :
Miroirs dans les logis, miroirs chez les Marchands,
Miroirs aux poches des galands,
Miroirs aux ceintures des femmes.
Que fait notre Narcisse ? Il va se confiner
Aux lieux les plus cachés qu'il peut s'imaginer
N'osant plus des miroirs éprouver l'aventure.
Mais un canal, formé par une source pure,
Se trouve en ces lieux écartés ;
Il s'y voit ; il se fâche ; et ses yeux irrités
Pensent apercevoir une chimère vaine.
Il fait tout ce qu'il peut pour éviter cette eau ;
Mais quoi, le canal est si beau
Qu'il ne le quitte qu'avec peine.
On voit bien où je veux venir.
Je parle à tous ; et cette erreur extrême
Est un mal que chacun se plaît d'entretenir.
Notre âme, c'est cet Homme amoureux de lui-même ;
Tant de Miroirs, ce sont les sottises d'autrui,
Miroirs, de nos défauts les Peintres légitimes ;
Et quant au Canal, c'est celui
Que chacun sait, le Livre des Maximes.
(Jean de La Fontaine) Laughing
avatar
Admin
Admin
Admin

Nombre de messages : 57
Date d'inscription : 22/05/2008

Voir le profil de l'utilisateur http://charlestone.forumchti.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Fables de La Fontaine

Message  Admin le Ven 6 Juin - 15:09

Le chêne et le Roseau

Le Chêne un jour dit au Roseau :
"Vous avez bien sujet d'accuser la Nature ;
Un Roitelet pour vous est un pesant fardeau.
Le moindre vent, qui d'aventure
Fait rider la face de l'eau,
Vous oblige à baisser la tête :
Cependant que mon front, au Caucase pareil,
Non content d'arrêter les rayons du soleil,
Brave l'effort de la tempête.
Tout vous est Aquilon, tout me semble Zéphyr.
Encor si vous naissiez à l'abri du feuillage
Dont je couvre le voisinage,
Vous n'auriez pas tant à souffrir :
Je vous défendrais de l'orage ;
Mais vous naissez le plus souvent
Sur les humides bords des Royaumes du vent.
La nature envers vous me semble bien injuste.
- Votre compassion, lui répondit l'Arbuste,
Part d'un bon naturel ; mais quittez ce souci.
Les vents me sont moins qu'à vous redoutables.
Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu'ici
Contre leurs coups épouvantables
Résisté sans courber le dos ;
Mais attendons la fin. "Comme il disait ces mots,
Du bout de l'horizon accourt avec furie
Le plus terrible des enfants
Que le Nord eût portés jusque-là dans ses flancs.
L'Arbre tient bon ; le Roseau plie.
Le vent redouble ses efforts,
Et fait si bien qu'il déracine
Celui de qui la tête au Ciel était voisine
Et dont les pieds touchaient à l'Empire des Morts.
(Jean de La Fontaine)
avatar
Admin
Admin
Admin

Nombre de messages : 57
Date d'inscription : 22/05/2008

Voir le profil de l'utilisateur http://charlestone.forumchti.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Fables de La Fontaine

Message  Admin le Ven 6 Juin - 15:14

Le Cochon, la Chèvre et le Mouton

Une Chèvre, un Mouton, avec un Cochon gras,
Montés sur même char s'en allaient à la foire :
Leur divertissement ne les y portait pas ;
On s'en allait les vendre, à ce que dit l'histoire :
Le Charton n'avait pas dessein
De les mener voir Tabarin,
Dom Pourceau criait en chemin
Comme s'il avait eu cent Bouchers à ses trousses.
C'était une clameur à rendre les gens sourds :
Les autres animaux, créatures plus douces,
Bonnes gens, s'étonnaient qu'il criât au secours ;
Ils ne voyaient nul mal à craindre.
Le Charton dit au Porc : Qu'as-tu tant à te plaindre ?
Tu nous étourdis tous, que ne te tiens-tu coi ?
Ces deux personnes-ci plus honnêtes que toi,
Devraient t'apprendre à vivre, ou du moins à te taire.
Regarde ce Mouton ; a-t-il dit un seul mot ?
Il est sage. - Il est un sot,
Repartit le Cochon : s'il savait son affaire,
Il crierait comme moi, du haut de son gosier,
Et cette autre personne honnête
Crierait tout du haut de sa tête.
Ils pensent qu'on les veut seulement décharger,
La Chèvre de son lait, le Mouton de sa laine.
Je ne sais pas s'ils ont raison ;
Mais quant à moi, qui ne suis bon
Qu'à manger, ma mort est certaine.
Adieu mon toit et ma maison.
Dom Pourceau raisonnait en subtil personnage :
Mais que lui servait-il ? Quand le mal est certain,
La plainte ni la peur ne changent le destin ;
Et le moins prévoyant est toujours le plus sage.
(Jean de La Fontaine)
avatar
Admin
Admin
Admin

Nombre de messages : 57
Date d'inscription : 22/05/2008

Voir le profil de l'utilisateur http://charlestone.forumchti.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Fables de La Fontaine

Message  renal le Ven 6 Juin - 17:12

Lydia Renny
Pourquoi mentir ?

Pourquoi mentir,
Me mentir mon Amour ?
Je sais trop bien
Pour toi, je ne suis rien
Ne me joue plus la comédie !
Car tes serments, tu les oublies.
Tu m'as grisée
Par tes brûlants baisers
Ton doux regard
Je l'ai compris bien tard
Allons, dis-moi,
Fais entendre ta belle voix
Mais ne me dis plus : M'amour
Tu mens toujours.
Tes beaux yeux, aux reflets si charmeurs
Hélas ! Pourquoi sont-ils si menteurs ?
Pourquoi me dire «Je t'aime» ?
Oh ! Ca n'en vaut plus la peine
Car je sais trop bien que tu me mens
Et de me leurrer, finissons-en
Ne ris donc pas de mon amour
Car tu souffriras peut-être un jour
avatar
renal
Aspirant
Aspirant

Féminin
Nombre de messages : 242
Age : 50
Localisation : saint denis
Date d'inscription : 06/06/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Fables de La Fontaine

Message  renal le Ven 6 Juin - 17:14

AVEC LE TEMPS



Avec le temps...

Avec le temps va tout s'en va

On oublie le visage et l'on oublie la voix

Le cœur quand ça bat plus c'est pas la peine d'aller

Chercher plus loin faut laisser faire et c'est très bien

Avec le temps...

Avec le temps va tout s'en va

L'autre qu'on adorait qu'on cherchait sous la pluie

L'autre qu'on devinait au détour d'un regard

Entre les mots entre les lignes et sous le fard

D'un serment maquillé qui s'en va faire sa nuit

Avec le temps tout s'évanouit



Avec le temps...

Avec le temps va tout s'en va

Mêm' les plus chouett's souv'nirs ça t'as un' de ces gueules

À la gal'rie j'farfouille dans les rayons d'la mort

Le samedi soir quand la tendresse s'en va tout' seule

Avec le temps...

Avec le temps va tout s'en va

L'autre à qui l'on croyait pour un rhume pour un rien

L'autre à qui l'on donnait du vent et des bijoux

Pour qui l'on eût vendu son âme pour quelques sous

Devant quoi l'on s'traînait comme traînent les chiens

Avec le temps va tout va bien



Avec le temps...

Avec le temps va tout s'en va

On oublie les passions et l'on oublie les voix

Qui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens

Ne rentre pas trop tard surtout ne prends pas froid

Avec le temps...

Avec le temps va tout s'en va

Et l'on se sent blanchi comme un cheval fourbu

Et l'on se sent glacé dans un lit de hasard

Et l'on se sent tout seul peut-être mais peinard

Et l'on se sent floué par les années perdues

Alors vraiment

Avec le temps on n'aime plus



Léo Ferré
avatar
renal
Aspirant
Aspirant

Féminin
Nombre de messages : 242
Age : 50
Localisation : saint denis
Date d'inscription : 06/06/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

je reviens aux fables de la fontaine!

Message  rosinette le Jeu 16 Oct - 13:36

le duc de Bourgogne avait demandé a M.de la Fontaine de lui écrire une fable relatant le jeu du chat et de la souris!

Le chat et la souris.

Pour plaire au jeune prince à aui la renommée
destine un temple en mes écrits.
Comment composerai-je une fable nommée
le chat et la souris.

Dois-je représenter dans le vers une belle,
oui,douce apparence, et toute fois cruelle
va se jouant des coeurs que ses charmes pris
comme chat de la souris?

Prendrai-je pour sujet les jeux de la fortune?
Rien ne lui convient mieux;et c'est chose commune
que de lui voir traiter ceux qu'on croit ses amis
comme le chat fait la souris;

Introduirai-je un Roi qu'entre ses favoris
elle respecte seul, Roi qui fixe sa roue,
qui n'est point empeché d'un monde d'ennemis,
et qui des plus puissants, quand il lui plait se joue
comme le chat de la souris.

Mais insensiblement, dans le tour que j'ai pris,
mon dessein se rencontre,et si je ne m'abuse,
je pourrais tout gâter par de plus longs récits:
le jeune prinse alors se jouerait de la muse
comme le chat de la souris!

JEAN de la FONTAINE

se joue
avatar
rosinette
Lieutnant
Lieutnant

Nombre de messages : 419
Age : 72
Localisation : Belgique
Date d'inscription : 11/10/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Fables de La Fontaine

Message  rosinette le Jeu 16 Oct - 13:48

Un fou et un sage

Certain fou poursuivait à coup de pierre un sage,
le sage se retourne, et lui dit:"mon ami
c'est fort bien fait à toi: recois cet écu ci.
Tu fatigue assez pour gagner d'avantage;
toute peine, dit-on est digne de loyer:
vois cet homme qui passe: il a de quoi payer,
adresse-lui tes dons, ils auront leur salaire"
Amorcé par le gain, notre fou s'en va faire
même insulte à l'autre bourgeois.
On ne le paya pas en argent cette fois,
maint estafier accourt; on vous happe notre homme,
on vous l'échine ,on vous l'assomme.

Auprès des Rois il est pareils fous:
a vos dépens ils font rire le maître.
Pour réprimer leur babil, irez vous
les maltraiter?Vous n'êtes pas peut-être
Assez puissant, il faut les engager
A s'adresser à qui peut se venger.

JEAN de la FONTAINE
avatar
rosinette
Lieutnant
Lieutnant

Nombre de messages : 419
Age : 72
Localisation : Belgique
Date d'inscription : 11/10/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Fables de La Fontaine

Message  rosinette le Jeu 30 Oct - 18:40

Le berger et son troupeau

"Quoi! toujours il me manquera
qielqu'un de ce peuple imbécile!
Toujours le loup m'en gobera!
J'aurai beau les compter! ils étaient plus de mille,
et m'ont laisser ravir notre pauvre Robin.
Robin mouton, qui par la ville
me suivait pour peu de pain
et qui m'aurait suivi jusques au bout du monde!
Hélas! de ma musette il entendait le son:
il me sentit venir a cent pas à la ronde.
Ah ! pauvre Robin mouton!
Quand guillot eut fini son oraison funèbre
et rendu de Robin la mémoire célèbre,
il harangua tout le troupeau
les chefs,la multitude, et jusqu'au moindre agneau.
Les conjurant de tenir ferme;
Foi de peuple d'honneur,ils lui promirent tous
de ne bouger non plus qu'un trme.
Nous voulons, dirent-ils,étouffer le glouton
qui nous a pris Robin mouton.
Chacun en répond sur sa tête,
Guillot les crut et leur fit fête.
Cependant, devant qu'il fût nuit,
il arriva nouvel encombre:
un loup parut; tout le troupeau s'enfuit.
Ce n'était par un loup, ce n'en était que l'ombre.


Haranguer de méchants soldats;
ils promettront de faire rage:
mais au moindre danger,adieu tout leur courage;
votre exemple et vos cris ne les retiendront pas!

JEAN de LA FONTAINE
avatar
rosinette
Lieutnant
Lieutnant

Nombre de messages : 419
Age : 72
Localisation : Belgique
Date d'inscription : 11/10/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

le gland et la citrouille

Message  rosinette le Mer 5 Nov - 17:46

Dieu fait bien ce qu'il fait, sans chercher la preuve
en tout cet univers et l'aller parcourant dans la citrouille je la trouve!(l'auteur a écrit: la treuve , pour la rime)

Un villageois, considérant combien ce fruit est gros et sa tige menue;
"A quoi songeait,dit-il l'auterur de tout cela?
il a bien mal placé cette citrouille là!
eh! parbleu,je l'aurais pendue a l'un des chênes que voilà!
c'eut été justement l'affaire,
tel fruit tel arbre pour bien faire,
c'est dommage, Garo, que tu n'es point entré,
au conseil de celui que prêche ton curé?
Tout en eût été mieux,car pourquoi, par exemple
le gland, qui n'est pas gros comme mon petit doigt
ne pend-il pas à cet endroit?
Dieu s'est mépris: plus je contemple,
ces fruits ainsi placés,plus il semble à Garo
que l'on a fait un quiproquo.
Cette reflexion embarrassant notre homme,
on ne dort point dit-il, quand on a tant d'esprit.
Sous un chêne aussitôt,il va prendre un somme.
Un gland tombe: le nez du dormeur pâtit.
Il s'éveille et portant la main a son visage,
il trouve encore le gland pris au poil du menton
son nez meurtri le force à changer de langage,
Oh oh! dit-il, je saigne!et que serait-ce donc
s'il fût tombé de l'arbre une masse plus lourde
et que le gland eût été une gourde?

j'en vois bien à présent la cause,
en louant Dieu de toute chose
Garo retourne a la maison!

JEAN DE LA FONTAINE
avatar
rosinette
Lieutnant
Lieutnant

Nombre de messages : 419
Age : 72
Localisation : Belgique
Date d'inscription : 11/10/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Fables de La Fontaine

Message  renal le Ven 7 Nov - 9:28

La Fontaine s'est inspiré des fables d'Esope.


Le soleil et le vent du nord

Le vent du nord et le soleil disputaient de leur force et décidèrent de proclamer vainqueur celui qui parviendrait à dépouiller un Voyageur de sa vêture. Le vent du nord se mit donc à souffler sans que le voyageur ôte le moindre vêtement. Le vent souffla plus fort, mais plus il soufflait fort plus l'homme se couvrait, si bien qu'en fin de compte, le vent, découragé, laissa faire le soleil. Celui-ci commença par chauffer doucement, et l'homme enleva son vêtement le plus chaud. Puis le soleil chauffa plus fort, si bien que l'homme, l'y tenant plus, se dévêtit entièrement et alla se baigner dans le fleuve.

Cette fable montre que la persuasion est souvent plus efficace que la violence.

(Esope)
avatar
renal
Aspirant
Aspirant

Féminin
Nombre de messages : 242
Age : 50
Localisation : saint denis
Date d'inscription : 06/06/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Fables de La Fontaine

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum