Quand les médias traitent de la jeunesse : l'injustice qui choque

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Quand les médias traitent de la jeunesse : l'injustice qui choque

Message  setamir le Dim 6 Juil - 17:46

Quand les médias traitent de la jeunesse : l'injustice qui choque


La Libre Belgique (le 03/07/2008 )

David LALLEMAND
Journaliste, éditeur RTBF (*)

Il est grand temps de faire le choix d'une société qui prévient les actes de délinquance plutôt que d'essayer désespérément de les guérir.
Il y a pourtant la guerre en Irak qui s'éternise, les émeutes de la faim, des centaines de millions de personnes qui vivent avec moins d'un euro par jour, des drames humains et sociaux innombrables et pourtant comme les ovnis et le Loch Ness en été, c'est la "jeunesse" qui agite les médias et particulièrement la presse ces dernières semaines. L'Allemagne et la Grande-Bretagne alimentaient les pages "monde" des quotidiens il y a peu avec la hausse de leur criminalité juvénile sous des titres racoleurs de circonstance comme "la terreur des enfants armés" par exemple.
Vlan.be n'aura pas fait exception cette année non plus : le journal barrait sa "Une" d'un "Mineurs délinquants : l'impunité qui choque" tonitruant en date du 21 mai 2008. Juste au-dessus d'une manchette de couleur mauve sur les cent ans du Sporting (d'Anderlecht). Le lecteur était ainsi prévenu : on allait lui servir le menu qui fait vendre la presse (du moins c'est ce qu'essayent de faire croire ceux qui s'occupent moins de son contenu que de ce qu'elle rapporte aux annonceurs) : du sang et des jeux. Quelles que soient les conséquences désastreuses pour le groupe montré du doigt comme s'il était homogène et uniforme : les mineurs, c'est-à-dire les jeunes, très jeunes.
Un article qui dénonce "une délinquance des mineurs en forte hausse, des actes de plus en plus violents commis par des auteurs de plus en plus jeunes et surtout des libérations immédiates qui se succèdent faute de places dans les centres fermés". "La délinquance des jeunes (est) en nette progression. Les chiffres le montrent." Mais aucune source n'est citée pour ces deux affirmations qui participent de cette tendance détestable des médias en concurrence sur le marché des gratuits (mais pas seulement) et qui consiste à alimenter les angoisses, les peurs irrationnelles du citoyen en tronquant l'information pour la vendre. Ce qui revient à oblitérer une part substantielle de la vérité et donc, au final, à mentir au lecteur même si c'est par omission. Une fois de plus sans se soucier du tort qui est fait aux auteurs de ces actes de délinquance puisque, comme il est écrit également dans l'article, "le traumatisme d'une victime après une agression est irréparable". Et qu'au nom de la victime toutes les dérives populistes seraient donc acceptables. Mais c'est précisément parce que le traumatisme d'une victime après une agression est irréparable, que les familles Lejeune et Russo ont montré le chemin de l'intelligence et de la dignité, qu'il est grand temps de faire le choix d'une société qui prévient les actes de délinquance plutôt que d'essayer désespérément de les guérir par une répression qui n'a conduit jusqu'à présent qu'à la surpopulation des prisons. Sans faire baisser les chiffres de la criminalité puisqu'on nous dit qu'ils sont en hausse. Où est alors la logique dans l'annonce de la prochaine ouverture de nouvelles places en milieu fermé pour les jeunes délinquants ? Heureusement, Vlan.be cite aussi Anne Leclerq (adjointe éclairée à la direction "famille-jeunesse" du Parquet de Bruxelles) qui demande de construire "de bonnes écoles plutôt que des centres fermés". Car c'est dans ce qu'elle investira dans le savoir (c'est-à-dire la promotion de la connaissance, de la transmission interculturelle et intergénérationnelle, la volonté de sortir du néant, de l'obscurantisme et donc aussi de la violence) que notre société mesurera son humanité, son humanisme.
La publication de cet article sur les mineurs délinquants coïncide avec une actualité malheureuse pour la cause de la jeunesse : le suicide d'un homme exceptionnel qui a consacré une partie de sa vie à ceux qui étaient considérés comme des parasites (ceux que l'on disperse aujourd'hui à coup de "mosquito", ce répulsif sonore qui vise les moins de vingt-cinq ans), à réhabiliter les réfractaires, à récupérer les irrécupérables : Pierre-Bernard Velge. D'abord avocat, ensuite commissaire à la section de protection de la jeunesse de la police judiciaire, fondateur de l'ASBL "Flics et voyous", Pierre-Bernard Velge était convaincu que la place des jeunes délinquants n'était pas en milieu fermé mais ouvert au monde, à la vie. C'est pour cela qu'il les emmenait marcher dans le désert, s'envoyer en l'air en ULM, faire de l'alpinisme, du parapente. Il les forçait à se dépasser autrement que dans l'agression d'un monde qui ne leur avait pas réservé de place jusque-là. Car on oublie trop facilement de rappeler que les jeunes qui dérapent sont souvent, très souvent, trop souvent d'abord les victimes des adultes qui les entourent, qui les ont abusés, violentés, maltraités, délaissés, malmenés, oubliés, utilisés aux fins les plus viles. Et il n'est pas question pour moi d'excuser ici les actes honteux, odieux, inacceptables dont ils se sont rendus coupables. Simplement de réparer l'injustice qui leur est faite quand ne sont pas reconnus le mal, la peine qui leur ont été infligés. Pierre-Bernard Velge s'est donné la mort et nous sommes tous responsables. Responsables de n'avoir pas pu lui redonner la foi en l'Homme, l'espoir dans un avenir meilleur.
J'entends déjà les vociférations de ceux qui ne peuvent même pas imaginer que l'on "offre des vacances à ces jeunes" dont le comportement pose la question de la qualité de notre enseignement, de l'encadrement de l'avenir de notre espèce, de l'excellence de notre justice. Mais s'il faut juger une société à la manière dont elle traite sa descendance (dans les médias, à l'école, devant la justice), alors notre société va mal. Très mal. Car la question essentielle est finalement de savoir qui a armé les enfants du titre du journal. Heureusement, des voix s'élèvent chez les magistrats, dans les mondes politique, associatif, et même chez certains journalistes et dirigeants des institutions publiques de protection de la jeunesse pour rappeler que ce dont nous parlons, c'est aussi et d'abord de notre avenir.
"Quand les jeunes s'en mêlent" (La Première - samedi entre 15 et 17 heures)
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Delinquence

Message  Darybrumes le Mar 8 Juil - 10:47

Je n'aime pas trop aborder ce sujet tant les causes sont multiples et la polémique grande.
Je me risque quand même.

Au départ il y a l'éducation prodiguée par les parents. Il faudrait presque une "éducation" de ceux-ci avant les naissances. Car être parents c'est difficile et souvent chaque enfant a sa propre personnalité dès son premier cri. C'est utopique ? bien sûr, comme tout ce que nous pourrons envisager, mais il faut bien donner des idées qui pourront peut-être donner des solutions à ce "mal être de la jeunesse".
L'enfant est un chien fou qu'il faut encadrer. Trop le gâter ou le brutaliser auront les mêmes retombées néfastes.

Il faut apprendre la politesse et les règles principales pour vivre en communauté. Tous les individus sont différents et il faut accepter et essayer de comprendre l'autre. Mais il ne faut pas que ce soit à sens unique.

Le bien d'autrui doit être sacré, le respect évite bien des conflits.
C'est donc dans les premiers mois, les premières années que doivent être inculqué le "savoir'vire" Désuet direz-vous ? on peut donner un autre nom, mais je parle du principe.

Au lieu de mettre les enfants dans la rue parce qu'ils dérangent à la maison ce qui est la pire des choses, il faudrait des structures pour permettre à l'enfant de s'épanouir,
Ces structures existent déjà, mais sont mal adaptées. Il faudrait les repenser.

Un professeur à l'école doit être respecté. Il n'est pas normal qu'un gamin, à moitié cours, se lève et s'en aille parce qu'il en a assez. Qu'il mette ses pieds sur le bureau uniquement pour narguer et décourager ou faire "péter les plombs" à ce lui qui est là pour leur donner de l'instruction. Si l'éducation a été bien faite au départ par les parents ce sera plus facile.

Réhabiliter les travaux manuels. L'adolescent qui aime son travail est plus sociable. Montrer l'exemple. Et qu'on ne vienne pas dire qu'il n'y a pas de travail, certains secteurs en manque.

Il y a trop d'assistanat, c'est à qui pourra avoir le plus de subventions, pour vivre sans trop se fatiguer, au dépend de qui ? Si les médias honoraient davantage les actes de courage etc. au lieu de montrer des énergumènes qui cassent tout, la tension serait moins vive.

Nous sommes sur un volcan, il faut prendre les choses à bras le corps pour arriver à améliorer le sort de tous. car ces adolescents qui saccagent, qui sont violents, sont mal dans leur peau.

Il n'est pas normal que certains quartiers soient interdits à la police, aux pompiers. L'adolescent n'est pas capable de discerner le bien du mal. Il est regrettable d'avoir toujours recours à l'Etat, aux lois, pour faire respecter quelque chose, là c'est une contrainte, d'où révolte. Il faut que ce respect soit "naturel" d'où l'éducation et l'affection en bas âge sont importantes.

On en arrive où l'arrestation d'un dealer, d'un voleur, est considéré comme illégale et dégénère en émeute ! C'est le monde à l'envers.

Les dictateurs ne s'embarrassent pas de considérations et l'armée intervient.

Oui, je sais c'est utopique ce que je dis, mais si on laisse les choses en l'état... c'est très dangereux. Chacun doit en prendre conscience.
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